Le jardin est un être vivant

François Delmond, (Germinance) nous parle du jardin, vu comme un être vivant,(François Delmond – août 2003 Article paru en mars 2006 dans le hors série n° 8 de la revue Biodynamis)

Oui, un véritable jardin, comme une plante ou un animal, doit être conçu comme un véritable être vivant.

Comme tout être vivant, votre jardin est, ou deviendra, un organisme qui a une vie intérieure, sa vie propre, son autonomie. Il est composé, lui aussi, d’organes en interaction les uns avec les autres. Il se distingue du monde environnant par un 1er organe, par une peau. Par cette peau, il n’est pas coupé du monde extérieur mais il échange, avec lui, dans les deux sens (donner et recevoir) ; il respire. En fait, votre jardin a besoin de deux peaux :

La première, autour de lui : un jardin exposé à tous les vents n’est pas vraiment un jardin. Cette peau ne doit être ni trop mince, ni trop épaisse pour permettre les échanges avec le monde environnant ; ni trop haute, ni trop basse (vous constaterez vite que ce principe de l’équilibre entre deux extrêmes est une des caractéristiques de la vie, ce principe vous guidera dans vos choix) : ce peut être une haie, une bande boisée, surtout du côté des vents froids, un talus, un petit bois, etc…. Un mur risque d’être trop étanche sauf s’il est du côté du nord dans les régions froides. Cette peau permet au jardin de conserver en lui, été comme hiver, un microclimat relativement stable, plus stable que celui du monde qui l’entoure.

La seconde peau, entre la terre et le ciel, c’est le sol, la terre arable, vivante grâce à l’humus. Cette peau nécessite des soins car c’est par elle que se font les échanges entre le haut, l’atmosphère, et le bas, le sous-sol (échanges d’eau, d’air, de chaleur et même de lumière ) : il faut l’entretenir par des sarclages, la brosser ou la gratter par des binages, la nourrir. C’est cette peau qui permet au sol de respirer. Et on comprend que, de ce point de vue, la végétation puisse être considérée comme la chevelure de la Terre ainsi que l’ont exposé Rudolf Steiner, le fondateur de l’agriculture biodynamique, et certains poètes : cette chevelure aussi, il faut en prendre soin et parfois la tondre !
Comme tout être vivant, un jardin évolué est constitué de
différents organes qui ont chacun un rôle à jouer et qui sont en relation les uns avec les autres. Plus les organes sont nombreux, plus l’organisme jardin est complexe, plus il est vivant et stable : il se maintient lui même en bonne santé et résiste mieux aux épreuves telles que les aléas climatiques (sècheresse, tempête, excès d’eau, etc.). Si, par exemple, une tempête abat un arbre dans la haie, le trou dans la haie, cette blessure, se cicatrisera probablement d’elle-même, et, peu après, un nouvel arbre aura remplacé l’ancien qui se décomposera.
L’organisme-jardin, comme tout être vivant, abrite sous sa peau différents organes qui ont chacun une ou plusieurs fonctions vitales. Quels sont les différents organes qui composent un jardin ? Lire la suite