Coopération des jardins nourriciers

Dans le Diois, l’association les Jardins nourriciers propose une nouvelle voie coopérative pour multiplier les surfaces à cultiver. Et, donc, les sources d’approvisionnement en cas de catastrophe tout en réinventant les liens à la terre.  

Malgré mon appel à l’aide sur les réseaux sociaux — qui a toutefois considérablement enrichi mon catalogue de podcasts sur la collapsologie —, je n’ai pas réussi à retrouver cette émission de France Culture entendue distraitement un matin. L’invité y évoquait l’effondrement à venir et l’insécurité alimentaire du monde moderne en soulignant la faiblesse des stocks de nourriture à Paris, et plus généralement la nécessité d’anticiper, en développant les surfaces cultivées, un futur exode urbain vers les campagnes où les populations iraient se réfugier et chercher à manger.

C’est ce à quoi s’attellent les Jardins nourriciers dans le Diois. Leur principe : remettre en culture des parcelles délaissées pour créer de l’activité, augmenter la production maraîchère et l’autonomie alimentaire du territoire. L’idée des Jardins est aussi d’explorer d’autres pratiques, comme une technique de culture empruntée à la tradition amérindienne : elle associe maïs, haricot grimpant et courge, les « trois sœurs ». Leur culture conjointe est mutuellement bénéfique, et montre un bel exemple de coopération. « Les plants de maïs servent de treille aux haricots grimpants, et les haricots fixent l’azote bénéfique à la croissance du maïs. Quant aux courges qui rampent, elles protègent le sol contre l’érosion hydrique et éolienne. »

Permettre, à terme, de rémunérer tous les acteurs des jardins partagés 

Les chantiers sont ouverts à toutes et à tous, débutants comme expérimentés ; chacun arrive et repart selon ses envies et disponibilités. Quatre jardiniers professionnels accompagnent les bénévoles, et chaque heure travaillée au champ donne un droit d’accès à des paniers de légumes frais, locaux et bio (l’équivalent d’un gros panier pour une petite demi-journée). Ce qui n’est pas donné en contrepartie des heures de bénévolat est proposé en vente directe, comme dans une Amap traditionnelle. 

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L’association les jardins nourriciers est issue d’une initiative citoyenne de quelques habitants de la région de Die, dans la Drôme